Le clocheton d'angle qu'on aperçoit au fond de la rue est celui du grand magasin La Ménagère (au Coin du Miroir, face au Pauvre Diable). Sur la vue actuelle, on remarque que son dessin a ensuite été simplifié.
Après la façade de la gare et la porte Guillaume, troisième exemple de deux cartes éditées à partir de clichés pris à quelques minutes d'intervalle. Cette fois, le photographe a attendu qu'une automobile passe (je n'ai pas réussi à identifier ces deux modèles... Si quelqu'un y arrive, merci de m'en faire part).
Le 26 décembre 1910, une statistique de la circulation a été effectuée à ce carrefour. On y a compté 21 324 piétons ; 1 769 cyclistes ; 560 attelages ; 480 tramways ; 210 automobiles ; 42 motocyclistes ; 5 cavaliers.
Le Coin du Miroir, coeur de la ville commerçante, a été souvent photographié. A l'angle droit, "Au Pauvre Diable" est le premier grand magasin de la ville : il est créé en 1875 par un ancien chef de rayon du Printemps parisien. Il arbore fièrement sa devise, "omnia labore" : (on arrive) à tout par le travail ! Le Pauvre Diable n'a disparu qu'assez récemment, en février 2000.
Cette rare photo du personnel du Pauvre Diable me fait irrésistiblement penser Au Bonheur des Dames (1883) de Zola.
En 1924, la rue de la Liberté est élargie et le Pauvre Diable en profite pour s'agrandir et s'orner, comme les grands magasins parisiens, d'une belle tour d'angle qui porte son nom.