La colonie Notre-Dame et le sanatorium de Velars-sur-Ouche

En 1903 ce bel édifice au plan original (deux grandes ailes asymétriques autour d'un pavillon central) est construit au pied de Notre-Dame-d'Etang, à 10 km de Dijon. La propriétaire de l'imprimerie Jobard souhaite en faire un sanatorium pour ses employés et surtout une maison de vacances pour leurs enfants. La colonie Notre-Dame fonctionne jusqu'en 1914.




Pendant la Grande Guerre, la maison est transformée en hôpital militaire (le n° 7 bis de la VIIIe région militaire). Il s'agit d'un "hôpital bénévole", c'est-à-dire d'initiative privée.





En 1919, le baron Thénard hérite de l'établissement, le prête au diocèse qui l'utilise comme colonie de vacances jusqu'en 1935.





En 1935, l'édifice est cédé aux Houillères de Blanzy (Montceau-les-Mines) qui acceptent de le convertir en préventorium puis en sanatorium pour les mineurs. Celui-ci ouvre en 1951 après d'importants travaux de transformation : les deux ailes 1900 sont prolongées et aggrandies par de nouvelles structures (blanches sur les cartes postales).






Ces nouvelles ailes reçoivent les chambres mais aussi les solariums : sur ces terrasses, les malades devaient rester des heures exposés au soleil et au bon air, ce qui était un des moyens de lutter contre la tuberculose.



Il y avait peu de remèdes contre l'ennui : une bonne cantine, des jeux de société et quelques spectacles.





La tuberculose finissant par être éradiquée, l'établissement est transformé en hôpital psychiatrique en 1971.


Celui-ci ferme en 1994 et le site reste à l'abandon.


En 2001 les structures des années 1950 sont détruites et, après réhabilitation, ce sont douze appartements luxueux qui sont proposés à la vente en 2011.

L'Institution Jeanne-d'Arc et le Pensionnat de Mademoiselle Baudouin

A Dijon en 1900, les écoles privées sont innombrables ! Après les écoles Saint-Dominique (rue Chabot-Charny), Saint-François-de-Sales (rue Vannerie), Saint-Joseph (rue du Transvaal), Sainte-Ursule (rue Danton), l'Institution de Mesdemoiselles Nicey et Terrial (rue des Génois) et l'Institution Michaud (rue Sambin), je pensais en avoir fait le tour. En voici pourtant deux nouvelles. D'abord l'Institution Jeanne-d'Arc (43 rue des Godrans) :






Et rue de la Banque (actuelle rue de Soissons), face à la Préfecture, c'est le pensionnat de Mademoiselle Baudoin :



L'Alhambra (historique)

En 1919, au n° 2 de la place de la République (entre la rue Devosge et le boulevard de la Trémouille), ouvre un autre cinéma avec salle unique : l'Alhambra.


Bien qu'éloigné du centre de la ville, l'Alhambra devient l'un des cinémas les plus réputés de Dijon. Ce programme de la semaine du 14 avril 1921 donne un bon exemple de la richesse de ses soirées. Naturellement, un orchestre accompagne les films muets et joue aussi quelques oeuvres en ouverture.


Un documentaire, deux courts métrages burlesques, un film romantique et un western (un serial de 1919 dans lequel Eddie Polo interprète le justicier Cyclone Smith).


Deux publicités parues dans la presse locale en 1936 montrent que l'Alhambra proposait les meilleures productions hollywoodiennes, en l'occurrence celles de la Warner Bros. : une comédie sentimentale tournée en 1934 avec James Cagney, et un film de pirates tourné par M. Curtiz en 1935 avec Errol Flynn.



Sur cette photo de 1953, on voit que c'est le Moulin Rouge tourné par John Houston en 1952 qui est à l'affiche.




Un peu plus tard que celle du Darcy, la façade de l'Alhambra est rénovée en 1961. Elle reçoit une structure composée de panneaux à facettes colorées pouvant pivoter. A l'affiche pour la réouverture, un film d'hommes avec des dialogues d'Audiard : Un Taxi pour Tobrouk.




Dans les années 1970, comme le Paris, le Star ou le Grangier, et pour les mêmes raisons, l'Alhambra périclite. Lui ne reçoit pas le classement X, mais il ne diffuse plus que des films érotiques et de karaté. Il finit par fermer en 1978. Aujourd'hui sa belle salle avec balcon à l'italienne est conservée (mais dans quel état !), et sa façade est masquée par un grand panneau publicitaire.